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Senin, 15 September 2008

141


In faith, I do not love thee with mine eyes,
For they in thee a thousand errors note;
But 'tis my heart that loves what they despise,
Who in despite of view is pleased to dote;
Nor are mine ears with thy tongue's tune delighted,
Nor tender feeling, to base touches prone,
Nor taste, nor smell, desire to be invited
To any sensual feast* with thee alone:
But my five wits nor my five senses can
Dissuade one foolish heart from serving thee,
Who leaves unsway'd the likeness of a man,
Thy proud hearts slave and vassal wretch to be:
Only my plague thus far I count my gain,
That he that makes me sin awards me pain.

Fürwahr, ich lieb dich mit den Augen nicht,
die tausend Fehler ja an dir erspäh'n,
doch ist's mein Herz, das ihnen widerspricht,
und das ersehnt und liebt, was sie verschmäh'n.
Es reizt mein Ohr nicht, deinem Wort zu lauschen,
dich lüstern zu berühren, nicht die Hand;
nicht will Geschmack sich noch Geruch berauschen
mit dir allein im heißen Sinnenbrand.
Doch nicht die Einsicht der fünf Sinne kann
ein armes Herz aus deinem Dienst erretten,
das mich – das Schattenbild von einem Mann –
zum Sklaven macht in deines Duseins Ketten.

William Shakespeare Sonett 141

Sabtu, 13 September 2008

l´amour triste

Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n'y a pas d'amour heureux

Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes
Il n'y a pas d'amour heureux

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
Il n'y a pas d'amour heureux

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n'y a pas d'amour heureux

Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs
Il n'y a pas d'amour heureux
Mais c'est notre amour à tous les deux

Louis Aragon (La Diane Francaise, Seghers 1946)


simples voeux rustiques


A vous troupe légère
Qui d'aile passagère
Par le monde volez,
Et d'un sifflant murmure
L'ombrageuse verdure
Doucement ébranlez,
J'offre ces violettes,
Ces lys et ces fleurettes,
Et ces roses ici,
Ces vermeillettes roses
Tout fraîchement écloses
Et ces oeillets aussi.
De votre douce haleine
Eventez cette plaine,
Eventez ce séjour
Cependant que j'ahanne
A mon blé que je vanne
A la chaleur du jour."

Joachim du Bellay (1525 - vers 1560)

Senin, 08 September 2008

just words

Let not my love be call'd idolatry,
Nor my beloved as an idol show,
Since all alike my songs and praises be
To one, of one, still such, and ever so.
Kind is my love to-day, to-morrow kind,
Still constant in a wondrous excellence;
Therefore my verse to constancy confined,
One thing expressing, leaves out difference.
'Fair, kind and true' is all my argument,
'Fair, kind, and true' varying to other words;
And in this change is my invention spent,
Three themes in one, which wondrous scope affords.
'Fair, kind, and true,' have often lived alone,
Which three till now never kept seat in one.

.William Shakespeare, Sonett 105

Minggu, 07 September 2008

und kurz ist unser leben


Don’t tell me, sweet, that I’m unkind
Each time I black your eye,
Or raise a weal on your behind —
I’m just a loving guy.

We both despise the gentle touch,
So cut out the pretence;
You wouldn’t love it half as much
Without the violence.

Roy Dean - Lovelace Bleeding

Sabtu, 06 September 2008

58

Verhüte Gott, der mich dir schuf zum Knechte,

dass ich dich kontrollier auch nur im Stillen,
gar Rechenschaft verlange, mit dir rechte –
ich bin dein Knecht, in allem dir zu Willen.
Dass deine Freiheit mein Gefängnis ist,
will ich, weil du mein Leben bist, ertragen,

und wenn der Schmerz um dich mich auch zerfrisst,
will ich dich nie der Grausamkeit anklagen.
Sei, wo du willst; denn das bestimmst nur du,
mit wem und wie du deine Zeit verbringst;
tu, was du willst; nur dir allein steht's zu,
dir zu vergeben, wenn du dich vergingst.
Mein Teil ist Warten, wenn's auch die Hölle ist,
nicht Urteil'n, ob du gut, ob böse bist.

That god forbid, that made me first your slave,
I should in thought control your times of pleasure,
Or at your hand the account of hours to crave,
Being your vassal, bound to stay your leisure!
O! let me suffer, being at your beck,
The imprison'd absence of your liberty;
And patience, tame to sufferance, bide each check,
Without accusing you of injury.
Be where you list, your charter is so strong
That you yourself may privilege your time
To what you will; to you it doth belong
Yourself to pardon of self-doing crime.

I am to wait, though waiting so be hell,
Not blame your pleasure be it ill or well.
William Shakespeare Sonett 58

Minggu, 31 Agustus 2008

end of summer


September

Der Garten trauert,
kühl sinkt in die Blumen der Regen.
Der Sommer schauert
still seinem Ende entgegen.

Golden tropft Blatt um Blatt
nieder vom hohen Akazienbaum.
Sommer lächelt erstaunt und matt

in den sterbenden Gartentraum.

Lange noch bei den Rosen bleibt er stehen,
sehnt sich nach Ruh.

Langsam tut er die großen
müdgewordnen Augen zu.


Hermann Hesse / Vier letzte Lieder > Richard Strauß

Minggu, 27 April 2008

Hymne à la beauté


Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abime,
Ô Beauté ? ton regard infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l'on peut pour cela te comparer au vin.
Tu contiens dans ton oeil le couchant et l'aurore;
Tu repands des parfums comme un soir orageux;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.
Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ?
Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.
Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques;
De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant,
Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,
Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.
L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !
L'amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l'air d'un moribond caressant son tombeau.
Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,
Ô Beauté, monstre énorme, effrayant, ingénu!
Si ton oeil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte
D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu ?
De Satan ou de Dieu, qu'importe ? Ange ou Sirène,
Qu'importe, si tu rends, - fée aux yeux de velours,
Rythme, parfum lueur, ô mon unique reine ! -
L'univers moins hideux et les instants moins lourds.

Charles Baudelaire - Fleurs du Mal